Ferme laitière Gobetti (Scandiano, Italie) - Un regard sur l'avenir de l'élevage laitier à travers la ferme laitière Gobetti

Ferme laitière Gobetti (Scandiano, Italie) - Un regard sur l'avenir de l'élevage laitier à travers la ferme laitière Gobetti

Les associés de la ferme Gobetti - Italie

Il est peut-être un peu tôt pour définir la ferme Gobetti comme le troupeau laitier du futur, étant donné les nombreuses incertitudes actuelles et les perspectives sans précédent de l'industrie laitière mondiale. Mais il est certain que chez les frères Gobetti à Scandiano (Émilie-Romagne, Italie), il leur semble évident que la mise en œuvre de ces lignes directrices qui, par choix ou par nécessité, seront celles que toutes les exploitations avec de l'élevage devront suivre, à commencer par les troupeaux laitiers.

 

Tout d'abord, il s'agit de l'état de santé du troupeau en tant que force, dans son sens le plus large.

 

Cette situation s'est notamment traduite par un bon management de troupeau et une bonne reproduction (ou, plutôt, je devrais dire une grande fertilité dans ce cas précis). L'utilisation d'antibiotiques est extrêmement faible et le traitement sélectif de la vache tarie est en place depuis une dizaine d'années. La taille du troupeau diminue au fil des ans (moins de vaches laitières et beaucoup moins de renouvellement), mais la production totale de lait reste au même niveau qu'auparavant. En parallèle, le bien-être des animaux a été amélioré grâce à l'espace libéré dans le bâtiment.

 

Enfin, et tout aussi important, c’est l'amélioration du revenu généré par la viande, provenant de la vente de veaux croisés viande et des vaches à la réforme vendues plus chères, grâce à leur meilleure condition corporelle. 

 

Un projet développé au fil des ans

Si l'on examine plus en détail le profil de l'exploitation, on peut mieux comprendre comment cela s'est traduit dans la pratique.  Il est important de souligner que la production laitière et l'élevage sont deux processus qui devront inévitablement être menés à bien sur le long terme. Les agriculteurs doivent réfléchir à leurs objectifs sur le moyen et le long terme, avoir les idées claires et faire des choix en conséquence.

 

Un premier choix stratégique, fait il y a 12 ans par la famille Gobetti, a été d'introduire le croisement au sein de leur élevage. 

Un choix qui était peu courant à l'époque.
 

 

Mais le résultat est à la hauteur des attentes : construire un troupeau de vaches ayant des rendements élevés en lait et en taux, une grande rusticité et une plus grande résistance au stress thermique, une fertilité élevée et facile à manipuler et sans problème de consanguinité.

 

La préférence a été donnée à un modèle de croisement 2 voies basé sur la Holstein et la Rouge norvégienne. La première race (Holstein) ajoute un gros potentiel génétique pour la production de lait après des dizaines d’années de sélection réussies dans ce sens.  La seconde race (Rouge Norvégienne) apporte des résultats impressionnants en matière de santé et de fertilité obtenus grâce à une pression de la sélection génétique et aux collectes de données. Le niveau d'hétérosis (ou vigueur hybride) dans un schéma de croisement à deux voies est plus adéquat par rapport aux besoins et du fait que le choix s’est porté  sur ces deux seules races, les accouplements sont simples à gérer.

 

Le croisement à deux voies existe depuis de nombreuses années.

Lorsque Marco Gobetti doit choisir les taureaux d'IA à utiliser, il aime garder les choses simples : il sélectionne les meilleurs taureaux disponibles dans la Holstein et la Rouge norvégienne. Seulement quelques taureaux par an pour les deux races, avec un esprit clair, les postes qu'il veut privilégier sont les quantités de matière protéique, les critères de santé et la fertilité.

"L'uniformité du troupeau, à tous les niveaux, s'est considérablement améliorée au fil des ans pour l'exploitation Gobetti, en particulier, la conformation des pis qui a fait des progrès considérables" - exprime Diego Galli, directeur régional des ventes EMEA pour Geno, qui a été impliqué dans les décisions d'élevage de Marco depuis le début..

"La Rouge norvégienne est connue pour son excellente fertilité et son statut sanitaire supérieur constaté depuis que nous avons introduit la race à l'échelle internationale. Cependant, nous étions également conscients que nous devions apporter quelques améliorations à la conformation des pis et à la production laitière pour offrir une grande expérience aux éleveurs laitiers du monde entier. Notre équipe de sélection a fait un excellent travail depuis, et nous avons pu l'améliorer avec des résultats qui parlent d'eux-mêmes aujourd'hui", ajoute Diego.

La production de lait de la Rouge Norvégienne a aussi été améliorée de façon significative et cela se constate aisément dans le troupeau de Gobetti avec une moyenne de 11.200 kgs de lait/vache en 2021 (x2) contre 9.000 kgs de lait/vache (x2) il y a 10 ans.

Cette amélioration de la production des 180 vaches laitières a permis aux éleveurs de mieux gérer la taille du troupeau et de diminuer légèrement le nombre de vaches laitières en raison du système de quotas de fromage (Parmesan) mis en place. Le nombre total de génisses de renouvellement a également diminué de manière significative, grâce à l'adoption d’une stratégie plus intensive de la semence sexée et de la viande.

 

Moins d’animaux pour la même quantité de lait produite. Plus d'espace pour plus de bien-être

En ayant moins de vaches sous le bâtiment, la ferme Gobetti a maintenant plus d'espace par vache et cela a contribué à améliorer le bien-être des animaux, ce qui a complété les avantages de la génétique Rouge Norvégienne avec des effets positifs d'hétérosis, résultant en une amélioration continue en termes de santé et de performances de reproduction.

Étant donné que - comme c'est le cas ici - le taux de gestation se maintient à 25 % (avec un taux de conception de 54 %, sans utilisation d'hormones de synthèse, et que toute la semence laitière utilisée est sexée), il n'est absolument pas nécessaire de perdre du temps à discuter de ce point. Tout ce qui se trouve derrière fonctionne correctement car la fertilité du troupeau est particulièrement bonne. En général, il n'y a que quelques problèmes à régler, et la gestion s'inscrit dans la routine sans créer de difficultés.

Marco Gobetti argumente ensuite : "Bien sûr, nous pourrions augmenter encore plus le rendement laitier avec une approche différente, par exemple en changeant notre stratégie de reproduction. Mais je pense que ce ne serait pas un grand avantage. Quel serait le coût de ces kilos de lait supplémentaires produits en termes de santé, d'utilisation de médicaments, de problèmes de reproduction, de complications dans la gestion et, finalement, d'autres coûts supplémentaires ?".

 

Le meilleur état de santé :

L’état de santé est une force de la ferme Gobetti, et cela pour plusieurs raisons.

Il a déjà été dit que la décision de procéder à des croisements avait permis de produire des vaches plus robustes. Des vaches capables de mieux résister à tout type de stress que les Holstein pures, sans pour autant compromettre la production et l'uniformité du lait.

Mais il est clair qu'il ne s'agit pas seulement d'une question de génétique, même si elle est essentielle dans la stratégie. L'adoption d'un plan de vaccination explique pourquoi le coût global des médicaments est exceptionnellement bas et stable au fil des ans. Cependant, un détail crucial est aussi que l'accent est mis sur des traitements préventifs, avec de moins en moins d'antibiotiques utilisés.

L'adoption de traitement sélectif de la vache tarie n'était pas liée à des délais réglementaires, mais a plutôt été mise en œuvre comme une conséquence positive du fait d'avoir un troupeau en meilleure santé.

Depuis des années, le traitement aux antibiotiques a été limité à quelques animaux avec un seuil supérieur à 200 000 cellules somatiques sur au moins un contrôle mensuel durant la lactation. Normalement, la période de tarissement dans le troupeau est courte, environ 40 jours.

Deux fois par an, pendant les périodes d’hiver et d’été, des analyses approfondies sont faites sur quelques vaches, dans le but de rechercher l’agent pathogène présent dans l’élevage. Historiquement, le nombre moyen de cellules somatiques à la ferme Gobetti était d'environ 150 000.

 

Regroupement du troupeau

Gobetti commence à travailler sur l'état sanitaire des animaux très tôt, dès le début de la phase d'élevage des veaux. Mais encore plus tôt, puisque l'espace récupéré (grâce à la réduction des têtes) a été dédié à la période de transition des vaches taries, période la plus importante durant laquelle le confort est primordial.

 

Il y a une zone aménagée pour les vaches durant les 3 dernières semaines de tarissement et une autre zone spécifiquement dédiée aux vaches très proches du vêlage. Les vaches en lactation sont regroupées en trois sous-groupes : première lactation, deuxième lactation et vaches adultes.

 

Il convient de mentionner un détail intéressant concernant les vaches en fin de carrière ou celles qui sont identifiées comme ne devant pas être accouplées. Par exemple, pour celles qui ont des mammites répétées. La robustesse des vaches croisées due à la génétique Rouge norvégienne, qui est également connue pour avoir un bon état corporel, permet à Gobetti d'obtenir de bons prix lorsque les animaux sont réformés. Dans la rubrique "revenus viande", une contribution importante est désormais apportée par la vente de veaux croisés bleus.

 

La plus grande attention dans l'élevage des veaux

L'élevage des veaux est l'unité dans laquelle l'éleveur a fait le plus de progrès. La règle pour toutes les personnes qui interviennent sur les veaux est d'y passer beaucoup de temps et d’être très attentifs à leur bien-être, sûrement beaucoup plus que le temps habituellement consacré par la plupart des éleveurs laitiers. L'attention portée à la propreté des niches individuelles, des seaux, à la qualité du colostrum, etc. est essentielle et il y a deux moments importants chaque jour - le matin et le soir - avec une observation prolongée des veaux afin de vérifier leur état de santé.


 



 

Une sonde d'alimentation est utilisée pour fournir du colostrum aux veaux à la naissance, deux fois dans les 24 premières heures et dans les 2-3 jours suivants. Ensuite, les veaux croisés sont nourris avec du lait de vache tandis que les femelles sont nourries à la poudre de lait.

 

Le sevrage des veaux est effectué à 63 jours par groupe de 4 veaux. Si l'on considère le taux de mortalité des veaux du troupeau, il est simple de dire que l'excellent travail, l'attention supplémentaire accordée quotidiennement à l'élevage des veaux et l'état de santé général élevé portent leurs fruits pour l'exploitation des frères Gobetti. En 2021, avec un total de 240 veaux nés, le taux de mortalité dans les premières 24 heures a été égal à zéro. Un autre chiffre qui parle de lui-même.